Vendredi 16 février : L'équipe du Biotreck Africa se retrouve pour le petit déjeuner au restaurant Elisée. Voici le temps des présentations :
Olivier Milleville : journaliste Reporter d'Images, chargé de la production et l'envoi une fois par semaine sur notre serveur internet de deux montages vidéo de 5 min chacun. Un sujet expédition et un sujet environnement.
Nida Wakim : reporter pour plusieurs journaux français, Suisses et Allemands, et en charge de la conduite du 4x4 " Popeye ".
Ulla Lohman : photographe allemande, chargée de réaliser les iconographies de l'expédition et sujets sciences pour divers magazines Européens et pour le livre officiel de l'expédition.
Luc Federmeyer, réalisateur des films documentaires produits par Grenade pour France 5, TV5 Monde, RTBF, RTSR et diverses chaînes du câble ou numériques.
Thibaud Le Pivert, assistant réalisateur et chargé de la conduite du 4x4 " Spartacus ".
Yolande de Carsin : ingénieur du son, pour les films documentaires produits par Grenade.
Alix de Mézerac : intendante de l'expédition, et cuisinière du groupe.
Dominique Morlat : propriétaire et chauffeur de la Traction 11 B 1950 nommée " Escargot Ailé ", et chargé de l'entretien mécanique du convoi.
Et moi même, chef de projet et organisateur de cette expédition, au volant de la deuxième 11 B 1950 surnommée elle " Scarabée rampant ".
Ces deux Traction-Avant Citroën 11 B 1950 sont des autos dans leur configuration d'origine. Escargot Ailé a été équipée d'un moteur de DS 5 paliers de 89 CV, tandis que Scarabée Rampant a été équipée d'un moteur 11D de 66 CV d'époque, refait à ne
uf.
Quant aux deux véhicules 4x4 d'accompagnement logistique, se sont deux Santana PS110 préparés pour cette mission, construits sur la base de Defender 110 et motorisés par des 4 cylindres diesel Ivéco de 2,7 litres.
Les deux remorques tirées par les 4x4 ont été fabriquées sur mesure à partir de mes plans, dans un atelier artisanal de l'Île Bouchard, près de Chinon en Touraine. Elles ont le look des croisières Citroën d'antan, mais la fonctionnalité d'outils de travail modernes et préparées pour endurer les pistes africaines.
Au petit déjeuner, je fais connaissance avec Kamel Beljadoui, patron de la sécurité du bateau. Nous discutons de notre expédition Biotreck et de ses objectifs de tournage sur le thème du développement et du tourisme durable. Kamel me confie qu'il est aussi le commissaire du poste de police des frontières de Sidi Bou Said. Nous organisons ensemble alors un tournage pour Dimanche, sur le port de Sidi Bou Said, pour constituer le sujet central de l'émission de 15 min qu'Olivier doit produire pour LCI. Durant cette discussion Kamel nous apporte sa vision des choses, de la guerre en Irak, de l'agression récente du Liban, avec un bon sens tellement juste et une approche foncièrement factuelle, que l'on regrette de ne pas avoir toujours accès à toutes les informations dans notre propre pays. Cela permettrait de mieux comprendre les enjeux et réalités économiques de certains conflits présentés comme issus de positions religieuses ou politiques divergentes…. Les Tunisiens sont définitivement des défenseurs de la paix dans le Monde.
Entre 10h00 et 11H30, nos équipes de productions réalisent plusieurs tournages sur le navire. Luc et son équipe s'installent dans la cabine de pilotage sur la passerelle de proue aux côtés du capitaine, tandis que Olivier et Ulla tournent leur plateau et reportages pour LCI sur la poupe du navire.
12H30 : la grande et lourde porte métallique du navire bascule doucement vers l'avant, dans un grincement hydraulique. Le soleil Tunisien vient réchauffer les carrosseries de nos autos positionnées aux avant postes de cette immense cale. Moteur… Action… Premiers tours de roues sur le sol Africain. Nous rangeons nos 4 véhicules sur le côté du quai, afin de laisser passer la nuée de véhicules impatients. Les embouteillages, ce n'est plus pour nous. Une heure plus tard, Biotreck Africa a passé les douanes. Les autorisations d'importation de notre équipement de tournage a été organisé avec le Ministère de la Communication, les papiers d'importation des véhicules sont en règle. Nous sortons de l'enceinte du port. Là, nous attendent souriant trois compères Tunisiens, à bord d'une Traction 11 B 1953 noire rutilante.
Nous les suivons jusqu'à notre hôtel à la Marsa , afin de déposer nos affaires et les deux équipes de production, puis avec Dominique, nous prenons les deux Traction blessées pour les amener à l'atelier de Hamid. Son atelier se trouve dans un quartier défavorisé du quartier de la Soukkra, au fond d'une impasse de terre défoncée et poussiéreuse. Peu de collectionneur ou amateur de voitures anciennes oseraient ainsi amener leur véhicule fétiche, dans un lieu si inhabituel pour un occidental. Mais je fais confiance aux amis de mes amis et je sais que je n'ai pas d'autre alternative. Bien m'en prit.
Le garage d'Hamid est une merveille à mes yeux. Spécialiste des voitures anglaises Mini ou autres Austin, depuis 5 ans, Hamid est tombé amoureux des Traction. Nous comptons pas moins de 8 Citroën Traction Avant dans son antre. Donc une petite merveille de 11 B 1936 très rare et quasiment introuvable en France. Penchés autour de mon moteur fumant, avec Dominique, Hamid, Rhadi et Sami, nous dressons la liste des diagnostiques possibles.
Je prends même conseil par téléphone avec mes amis spécialistes Philippe Chauvet et Jean Claude Tilly. Impossible de connaître la vraie cause de cette panne stressante. Nous essayons durant 1 ou 2 minutes de faire tourner le moteur à partir d'un bidon d'essence locale pour vérifier si le problème vient due carburant. Dommage que nous le fassions pas plus longtemps…
A l'unanimité, française et Tunisienne, nous décidons de retirer le cache culbuteur pour vérifier les ressorts de soupapes. Sans succès. Puis Hamid et Dominique s'attaquent au déculassage pour vérifier les guides et chambres de combustion. Deux heures plus tard, c'est le carter inférieur qui est démonté, afin de sortir bielles, pistons et chemises… Le moteur de " Scarabée " est entièrement démonté, vérifié, inspecté…. Pour rien !.. Au final, aucune anomalie mécanique n'est retrouvée. Le moteur est parfait, neuf, bien refait et conforme aux 5.000 km de vie qu'il affiche. Il est donc décidé de faire venir un spécialiste de biocarburants pour analyser le contenu de mon réservoir.
La sanction est imparable. L'essence que nous avons pris à la pompe de la station BP sur l'A51 en France entre Forqualquier et Marseille contenait du pétrole…. On nous parle souvent des essences de qualité douteuse parfois en Afrique, mais il faut se rendre à l'évidence. Le problème vient de France. A cause de ce cette essence frelatée, nous avons stressé, perdu 2 jours et surtout, démonté entièrement un moteur de Traction qui fonctionnait parfaitement. C'est la première fois que ce genre de panne m'arrive. C'est ce qu'on appelle une " panne à la con ", mais franchement, je m'en serai passé !. Merci BP !…