Le Biotreck Africa débarque chez mon ami Lucien sur la route de Beaucaire à Fourque, pour quelques petits travaux programmés sur nos autos. Dominique Morlat vient de nous rejoindre, fraîchement arrivé de sa ferme des Cévennes, à bord de sa Traction 11 B 1950. Pendant six heures, nous affûtons nos autos. Lucien et Dominique remplacent nos roues et pneus 165 x 400 d’origine par des jantes et pneus 175 x 75 x 16 de Lada Niva, mieux adaptés à notre parcours. Installation des radios, répartition des équipements, rééquilibrage des trois remorques. Thibaud, Nida et Olivier réajustent l’organisation de leurs deux 4x4 « Popeye » et « Spartacus ». Avec mon fils Tom, venu en voisin me dire au revoir, nous partons faire les dernières courses nécessaires à notre logistique : groupe électrogène, outillage, accessoires…
17H00 : les 4 véhicules du Biotreck Africa quitte la propriété de Lucien pour filer sur Cavaillon, Apt, Banon, afin de se rendre chez un autre ami, Eric Deschamps, pour une étape indispensable. Eric est collectionneur d’automobiles, objets et archives illustrant les célèbres Croisières Citroën et est surtout le grand historien de ces explorations de légende. Après une lente progression dans les Alpes de Haute Provence, nous rejoignons l’entrée de sa ferme au Nord de Banon. Encore cinq kilomètres de pistes, puis nous arrivons vers 20H30 au pied de son mas, dans une ambiance presque mystique.
Eric et sa femme Dominique sont exploitants de Lavande, de céréale et d’épautre. Une ferme et deux fermiers 100% bio. Durant cette longue soirée confinée autour d’une vieille table en bois, nous écoutons passionnément les narrations d’Eric sur le déroulement de la Croisière Noire de 1924. Cette séance d’histoire permet à chacun d’entre nous de mieux mesurer le challenge qui nous attend.
2H00 du matin. La nuit impose son silence. L’équipe est dispersée dans le vieux mas des Deschamps, et au fond de chaque duvet, nos rêves Africains illuminent notre sommeil.